Ma fille passe des heures sur Google Photos

Elle y regarde des photos d’elle avec ses copines.
Comme pour se prouver qu’elle existe (vu qu’elle est sur la photo) et qu’elle a de l’importance (vu qu’elle ades copines qui viennent fêter son anniversaire)

Ce phénomène est d’ailleurs bien plus marqué chez ma petite dernière. Ce qui me fait encore plus penser que quand elle regarde des photos, c’est pour se prouver qu’elle a de l’importance (cf mon article sur le besoin de reconnaissance plus fort chez les petites dernières).
Elle me demande également de prendre en photo ce qu’elle fait ou un moment important pour elle. Puis, elle revient dessus plus tard en regardant Google Photos avec la petite phrase « tu te rappelles quand j’ai #faitcetruccool ».
Une manière de s’administrer un autoshoot de reconnaissance quand elle en a besoin.

Les hommes font le barbecue

Et on aime celà. Faire le feu, voir la fumée, sentir le crépitement des flammes. Faire griller la viande.

Mais je pense que ce qu’on aime surtout dans le barbecue c’est que c’est ce qui se rapproche le plus de la cuisine originelle de nos ancêtres, celle des premiers hommes, celle de la préhistoire.

Une époque où l’utilité de l’homme était clairement identifiée et reconnue : faire en sorte de nourir sa famille, en chassant….et en faisant le barbecue.

Besoin de reconnaissance vient de préhistoire montre que appartenance à communauté, rôle a jouer

Et autant le rôle de la femme (et donc la reconnaissance de son utilité) n’a pas trop changé depuis car elle continue d’être essentielle puisqu’elle donne la vie. Autant le rôle de l’homme et donc aussi la reconnaissance de son utilité, de sa place dans la société a été boulversé par la révolution agricole.

C’est d’ailleurs pour celà que je pense que le besoin de reconnaissance et peut-être plus fort chez l’homme. On a coutume de dire qu’il y a plus d' »ego » chez les hommes. A mon sens, ca peut venir en parti du besoin qu’on a de prouver qu’on est utile, qu’on a pas volé notre place.

Et ce « je suis un homme, comptez sur moi, je peux vous nourrir ! » on cherche inconsciemment encore à l’obtenir via le cérémonial du barbecue (le vrai avec du feu, pas au gaz !). En continuant à prouver qu’on est capable de nourrir sa famille même si demain nous devions être privé d’électricité ou de tout notre confort moderne.

On passe des concours

Brevet, Baccalauréat, Permis de Conduire, Meilleur Ouvrier de France, Prix Goncourt, Festival de Cannes, Jeux Olympiques, Concours Général Agricole mais aussi L’école des fans (ou The Voice), Miss Camping, L’homme le plus fort, ou encore le concours du Plus Gros Mangeur d’orties (ca existe !), notre vie est jalonnée par des concours plus ou moins prestigieux ou importants.

Et gagner un concours, c’est obtenir de la reconnaissance.

Fondamentalement, si on réfléchit, un concours ne rime pas à grande chose. Ce ne sont pas eux qui nous font progresser et acquérir des compétences. Quand on se présente à un concours, les compétences, ont les a déjà. On a juste besoin de le prouver et que quelqu’un nous le dise. Que ce soit une maitresse, un grand nombre de personnes comme un public, une institution ou un jury.

Les frères et soeurs se chamaillent constamment

Et si on observe bien, 90% de leurs disputes ont un lien avec le besoin de reconnaissance.

Un cas classique de dispute c’est le Elle m’a pris mes affaires, c’est pas à elle ! Et souvent ces mots sont prononcés par la grande sœur qui vient de se faire squatter ses jouets par la petite sœur. Et pourtant la petite à des jouets, mais elle préfère ceux de sa grande sœur. Tout simplement parce qu’elle essaye de prouver ainsi qu’elle est aussi bien que sa sœur, aussi grande et qu’elle veut obtenir autant de reconnaissance que sa sœur.

Ce phénomène est un classique des frères et sœurs où la petite dernière est souvent la chipie, celle qui obéit moins, celle qui fait plus de bêtises, la plus casse-cou. Ces comportements ont bien souvent une origine commune : prouver qu’on existe. La petite dernière essaye tout naturellement de remplir sa jauge de reconnaissance pour arriver au même niveau que celle de sa grande sœur. Sauf que comme la grande a eu quelques années de plus pour la remplir, bah la petite, pour compenser force un peu plus, va un peu plus loin. Quitte à parfois dépasser les limites, faire quelques bêtises ou se chamailler avec sa sœur.

Dans le même esprit, on aurait aussi pu parler du petit dernier qui reçoit moins de nouveaux habits que son grand frère (logique, recyclage). La conséquence, c’est qu’il se sent moins aimé, moins considéré, moins reconnu par ses parents. Ce qui nourrit un sentiment envers son grand frère qu’on a l’habitude de ranger dans la case jalousie. Pour moi, cette jalousie, est la conséquence d’un manque d’équité dans la reconnaissance perçue par le plus petit.

Et c’est également comme cela qu’on arrive à pleins de mini-conflits qui partent de trucs souvent insignifiants :

  • j’ai pas eu autant de jus qu’elle
  • c’est moi la première à lancer le dès
  • elle a une plus grosse part que moi
  • tu l’as cherché la première à l’école est pas moi
  • c’est moi qui choisit la chanson pas toi

L’éducation positive apporte d’ailleurs des clés pour agir sur ce besoin de reconnaissance à la base, en partant du principe qu’un enfant, aussi petit soit-il, est une personne comme les autres, qui a des besoins. Besoin qu’on le considère, qu’on s’occupe de lui, qu’on joue avec lui, qu’on le félicite. Et tout celà, ca apporte de la reconnaissance !

On cherche tous l’amour

Je pense que l’amour c’est le niveau ultime de reconnaissance qu’on peut donner à quelqu’un. Quand on dit je t’aime à quelqu’un, je pense qu’on lu dit en fait, je te reconnais comme étant la personne parfaite pour moi.

Et c’est pour celà que quand on se sent aimé, on se sent heureux, on se sent pousser des ailes, on se sent invincibles. Tout simplement car notre jauge de reconnaissance est pleine au max.

C’est valable pour un couple bien évidement mais également pour l’éducation des enfants. Quand les enfants savent qu’ils sont aimés ils avancent mieux, ils progressent plus vite, ils prennent des initiatives plus facilement car ils n’ont pas peur d’échouer. Car même s’ils échouent leur jauge de reconnaissance est tellement pleine que celà ne les stabilisera pas. Surtout si en plus on leur fait comprendre de manière bienveillante qu’ils n’ont pas forcément « échoué » et qu’ils feront mieux la prochaine fois.

Le respect est une valeur universelle

Et le respect ce n’est rien d’autre que la reconnaissance d’une personne ou d’un statut (parent, maitresse, ainé, force de l’ordre…) d’une personne

On aime tous avoir raison

En fait avoir raison, c’est obtenir la reconnaissance qu’on a raison, la reconnaissance qu’on est supérieur à l’autre.

On dispute souvent nos enfants pour rien

Imaginez-vous en train de faire vos courses en famille au supermarché avec vos enfants. Le petit court dans le magasin et la grande vous demande avec insistance si vous pouvez lui acheter une tablette de chocolat. Sauf que tout cela fait pas mal de bruit et attire l’attention. Et à un moment, les regards des autres clients commencent à se tourner vers vous.
Ni une ni deux, vous affirmez votre autorité de parent en disputant vos enfants : Ca suffit, asseyez-vous tous les deux dans le caddie, et personne n’aura de chocolat !!

Pourquoi cette réaction ?
Si on analyse froidement la situation, vos enfants ne faisaient rien de bien grave : ils jouaient et demandaient avec persévérance et leurs mots un truc qu’ils aiment.
Si vous êtes honnête avec vous-même, ce qui vous a posé problème à ce moment précis ce n’est pas réellement l’attitude de vos enfants mais l’impact que celà a eu sur le regard des autres sur vous. Une sorte de sentiment de honte vous a envahi car vous lisiez dans les regards des autres un truc dans le genre : purée, celle la, elle ne sait pas gérer ses enfants. Et vous avez eu l’impression de ne pas être à la hauteur. De ne pas être un bon parent. De ne pas être reconnu comme un bon parent.

Laissez-moi prendre un autre exemple.
On voit souvent des parents s’énerver avec leurs enfants pour qu’ils finissent leur assiette. Alors même que l’enfant dit ne plus avoir faim, le parent insiste lourdement pour qu’il finisse son assiette, jusqu’à le disputer.

A mon sens encore une fois cette réaction est sur dimensionnée est inutile.
Si l’enfant n’a plus faim et qu’il l’exprime, pourquoi le forcer à manger.
Un des arguments classiques, est le : on ne va pas gâcher. Ok c’est vrai, il ne faut pas gâcher. Alors il suffit de ranger les restes dans un tup non ? Le problème est en fait ailleurs.
Le problème c’est qu’un des rôles naturels d’un parent c’est de s’assurer que son enfant ne meurt pas de faim. En chassant, ou, dans notre air moderne, en travaillant pour lui acheter de la nourriture.
Un enfant qui ne mange pas renvoie donc sans le vouloir à son parent l’image que ce n’est pas un bon parent. Qu’il n’est pas reconnu comme un beau parent.

Dans l’éducation, les exemples où les actions des parents sont dictées par ce besoin d’être reconnu comme un bon parent sont nombreux. En fait tous les cas où les gens peuvent penser que votre enfant est mal élevé. Et que donc vu que c’est vous qui l’élevez, que vous l’avez mal élevé.

Et c’est comme celà qu’on arrive parfois à des situations absurdes.
Certains parents s’évertuent par exemple à expliquer à leur enfant qu’il faut absolument mettre ses avant-bras sur la table et pas ses coudes quand on mange. Parce que sinon ca fait mal élevé.

Vous savez vous pourquoi à l’époque on mettait les avant-bras sur la table et non les coudes ?
Parce qu’à l’époque les gens portaient tous un couteau à la ceinture, même pendant le repas. Et le fait de bien voir les avant-bras visibles posés sur la table était un gage de sécurité pour son voisin qui savait que vous ne pourrez pas facilement saisir votre couteau et le poignarder. Par contre avec les coudes, là, danger. (je suis sur que vous êtes en train d’essayer :))

Une preuve de plus qu’en matière d’éducation ce n’est pas toujours le bon sens ou le besoin de l’enfant qui poussent certains parents à faire faire des choses à leurs enfants. Mais bien le regard des autres sur le fait qu’ils sont des bons parents.

Et malheureusement ce phénomène est encore amplifié quand des personnes tierces sont présentes. Certains parents qui veulent par exemple prouver à leurs propres parents qu’ils sont de bons parents auront parfois des attitudes totalement différents quand ils sont seuls avec leurs enfants, sans jugement possible, ou quand papi et mamie sont là.

Bref, on a besoin d’être reconnu comme étant des bons parents qui ont réussi à élever une belle petite famille. La petite photo de famille proprette ci-dessous que tout le monde fait quasiment étant un dernier exemple de plus 🙂

La qûete de sens

Je pense que vous avez déjà tous entendu quelqu’un vous dire qu’il cherche à donner plus de sens à son travail, sa vie ou ses actions..

Mais ca veut dire quoi au juste donner du sens ?

Souvent en creusant un peu avec la personne qui vous dit ca, on arrive plutôt à un truc du genre, je cherche en fait à me sentir utile.

Et comment on fait pour obtenir le sentiment d’être utile ?
Il faut que quelqu’un reconnaisse cette utilité, que quelqu’un nous dise que ce qu’on fait sert à quelque chose, que ce soit pour lui ou pour d’autres.
C’est donc bien la reconnaissance qui nous fait nous sentir utile, nous donne une raison d’être et même le fameux sens à notre vie.

Et c’est pour cette reconnaissance, ce sens, que certain d’entre nous décident d’aller aider des petits enfants en Afrique plutôt que d’amasser le plus possible d’euros en France.

Les enfants jouent aux cowboys et aux princesses

Les enfants adorent les jeux de représentation dans lesquels ils font comme s’ils étaient des cowboys, des princesses, des stars de la chanson, des super-héros, leur maîtresse…. La liste est infinie, mais je pense que vous avez compris l’idée.

Ce qu’ils vont chercher au travers ces jeux, c’est de la reconnaissance.
En se déguisant en super-héros, ils espèrent secrètement obtenir un petit bout de l’admiration dont bénéficient les super-héros, les princesses, les cowboys, les stars, et même parfois la maîtresse.
Enfin là ça dépend des maîtresses 🙂